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Enquête sur les effets des niveaux d'eau sur les marinas de l'Ontario
par
McCullough Associates et Diane Mackie and Associates
Contexte
Le Groupe d'étude international sur le lac Ontario et le fleuve Saint-Laurent effectue une étude quinquennale des variations des niveaux d'eau dans le lac Ontario et le fleuve Saint-Laurent afin d'établir de nouveaux critères de régularisation pour le lac Ontario. Le Groupe de travail technique sur la navigation de plaisance et le tourisme a été créé et chargé de prendre en compte les intérêts des plaisanciers dans l'élaboration du plan global de gestion et de régularisation des eaux. Au cours de la première année, le Groupe de travail a entrepris une vaste étude de la profondeur de l'eau à l'emplacement des marinas, clubs nautiques, quais municipaux et rampes de mise à l'eau situés sur les rives ontariennes, québécoises et américaines du lac Ontario et du fleuve Saint-Laurent. Il a également mené une enquête auprès des exploitants de marinas pour obtenir de l'information sur leurs besoins et sur l'impact des variations des niveaux d'eau. Enfin, le Groupe de travail a mis au point un modèle et une méthodologie pour estimer l'impact de la navigation de plaisance et des niveaux d'eau. Le présent rapport décrit l'enquête menée auprès des exploitants de marinas, plus précisément en Ontario.
Méthodologie
Des données d'enquête ont été recueillies au cours d'entrevues personnelles ou téléphoniques menées entre le 1er octobre et le 10 décembre 2001. Cent entrevues (83 personnelles et 17 téléphoniques) ont été menées dans 133 marinas situées sur la rive ontarienne du lac Ontario et du haut Saint-Laurent. Ces marinas ont été recensées et une liste d'interviewés possibles a été dressée par l'Ontario Marine Operators Association (OMOA). Compte tenu de la taille limitée de la population statistique, le stratégie consistait à établir des contacts et à interviewer l'ensemble de la population, et non seulement un échantillon. Dans une lettre, l'OMOA a demandé aux exploitants de marinas de participer aux entrevues, tout en précisant que l'enquête était menée au nom du Groupe d'étude. Un interviewer local recommandé par l'OMOA et formé par la firme Diane Mackie and Associates s'est chargé des entrevues.
Des entrevues préliminaires se sont déroulées par téléphone (ou en personne s'il était impossible d'établir des contacts par téléphone) de manière à interviewer les exploitants de marinas les mieux renseignés au sujet de leurs activités et des niveaux d'eau. Puis, les entrevues principales ont été menées, habituellement en personne. Le mélange d'entrevues téléphoniques et personnelles a permis de mener à bien une centaine d'entrevues d'une durée moyenne d'environ 28 minutes.
Le questionnaire a été prétesté auprès de cinq répondants initiaux du 1er au 5 octobre 2001 et peaufiné en conséquence. Les entrevues se sont déroulées d'après un questionnaire préétabli couvrant les points suivants :
- Caractéristiques physiques des marinas et profil des activités (nombre et type de rampes, services fournis, etc.)
- Nombre d'embarcations utilisant les rampes de la marina, par type et longueur
- Impact perçu des variations du niveau d'eau
- Préférences quant aux niveaux d'eau
- Facteurs ayant des effets négatifs sur les activités de la marina (présence de barres de sable, roches, etc.)
- Mesures prises par les exploitants de marinas pour régler les problèmes (p. ex. dragage, etc.)
- Possibilités perçues par les exploitants de marinas de mieux gérer les niveaux d'eau dans le lac Ontario et le fleuve Saint-Laurent
Constatations
Aperçu
- Selon la plupart des exploitants de marinas, les niveaux d'eau sont trop bas; la moitié des exploitants aimeraient que la profondeur d'eau soit augmentée de plus de 12 pouces (30 centimètres).
- Un plus grand nombre d'exploitants de marinas situées sur le lac Ontario aimeraient que les niveaux d'eau soient haussés par rapport aux exploitants de marinas du haut Saint-Laurent, mais l'impact perçu est à peu près le même dans les deux régions.
- La présence d'algues et la faible profondeur d'eau autour des quais et des rampes sont les deux principaux facteurs qui nuisent aux activités des marinas.
- Les faibles niveaux d'eau ont des impacts « modérés » à « graves » sur l'affluence des plaisanciers et l'utilisation des rampes.
- Les facteurs qui ont un impact économique négatif sur les marinas comprennent le coût des mesures à prendre pour régler les problèmes d'ordre opérationnel (p. ex. dragage, enlèvement des algues), les pertes de revenu dues au faible tirant d'eau, au raccourcissement de la saison de navigation et au remisage précoce des embarcations, l'utilisation non optimale des rampes et le taux d'inoccupation des installations de mise à l'eau.
- Les exploitants de marinas aimeraient être mieux renseignés (via des activités de participation, d'éducation et de communication) sur les niveaux d'eau et la gestion des niveaux d'eau; ils aimeraient également que les niveaux d'eau soient plus stables tout au long de l'année.
Profil des activités des marinas de l'Ontario
- Le quart (26 %) des marinas possèdent moins de 75 rampes d'accès à l'eau.
- Le tiers (33 %) possèdent entre 75 et 149 rampes.
- Soixante-dix neuf pour cent des marinas sont « privées », c'est-à-dire qu'elles appartiennent à une entreprise privée ou à une coopérative. (Presque toutes les marinas [93 %] équipées de moins de 150 rampes d'accès à l'eau sont privées.)
- Vingt et un pour cent des marinas sont « publiques » -- surtout municipales (42 % des grandes marinas équipées de plus de 150 rampes sont publiques).
- Les rampes saisonnières immergées représentent 92 % des rampes d'accès à l'eau des marinas.
- Le quart seulement (28 %) des marinas possèdent des rampes saisonnières non immergées.
- Les deux tiers (67 %) des rampes immergées sont des rampes flottantes.
- La plupart des marinas (78 %) ont affiché un taux d'occupation de 80 % et plus; le taux d'occupation moyen était de 87 %; la moitié (53 %) ont affiché un taux d'occupation de 95 % et plus.
- Les taux d'occupation des rampes d'accès à l'eau étaient plus élevés dans les marinas du fleuve Saint-Laurent (93 % en moyenne) que dans les marinas du lac Ontario (85 %).
- La plupart des marinas qui affichent un taux d'occupation de 100 % (47 % des marinas) ont des listes d'attente (37 %) sur lesquelles sont inscrits jusqu'à 16 noms en moyenne. Une plus forte proportion de marinas du fleuve Saint-Laurent (54 %) ont des listes d'attente comparativement aux marinas du lac Ontario (31 %).
- En 2001, 55 % des marinas ont affiché un taux d'occupation identique à celui des cinq années précédentes, et 37 %, un taux d'occupation plus élevé.
- Une plus forte proportion de marinas du fleuve Saint-Laurent offrent des services « de base » (par services de base, on entend des services offerts par au moins 50 % des marinas recensées) comparativement aux marinas du lac Ontario.
- Le tiers ou moins des marinas offrent des services additionnels.
- En 2001, la plupart des marinas ont déclaré des recettes tirées des services presque identiques ou supérieures à celles des quatre saisons précédentes.
- Les bateaux à moteur prédominent sur le fleuve Saint-Laurent (70 %), tandis que les voiliers sont plus nombreux (48 %) sur le lac Ontario.
- La moitié des bateaux à moteur mesurent entre 21 et 30 pieds (6,4 et 9,1 mètres) de longueur.
- Plus de la moitié (59 %) des voiliers mesurent entre 26 et 35 pieds (7,9 et 10,7 mètres).
- Les trois quarts (74 %) des marinas du lac Ontario accueillent quelques bateaux ayant un tirant d'eau de 6 pieds (1,8 mètre) et plus, comparativement à 42 % des marinas du Saint-Laurent.
Préférences quant aux niveaux d'eau
- La plupart des exploitants de marinas (85 %) ont indiqué que les niveaux d'eau sont actuellement trop bas, notamment dans le lac Ontario (89 %), mais aussi dans le fleuve Saint-Laurent. Aucun n'a mentionné que les niveaux étaient trop élevés.
- Plus de la moitié des exploitants de marinas (51 %) aimeraient que le niveau d'eau soit haussé de plus de 12 pouces (30 centimètres).
- Le quart des exploitants de marinas (24 %) aimeraient que le niveau d'eau soit haussé de 12 pouces (30 centimètres) ou moins.
- La plupart (76 %) des exploitants de marinas du lac Ontario ont indiqué qu'ils avaient besoin d'une profondeur d'eau d'au moins 6 pieds (1,8 mètre) pour mener leurs activités de façon satisfaisante, et la moitié (54 %), de 6 à 8 pieds (1,8 à 2,4 mètres) d'eau.
- La plupart (85 %) des exploitants de marinas sur le Saint-Laurent ont besoin d'une profondeur d'eau de moins de 6 pieds (1,8 mètre).
- L'écart moyen entre les profondeurs d'eau minimale et maximale dont ont besoin les exploitants de marinas pour mener leurs activités de façon satisfaisante est d'environ 3 pieds (0,9 mètre).
- Dans la plupart des marinas (76 %), les niveaux d'eau les plus bas qui ont été mesurés sont inférieurs de 19 pouces (48 centimètres) en moyenne à la profondeur minimale dont les marinas ont besoin à l'emplacement critique le moins profond. L'écart est plus grand dans les marinas du lac Ontario que dans celles du fleuve Saint-Laurent (20 pouces [51 cm] contre 16 pouces [40 cm]).
Impact des variations du niveau d'eau sur les activités des marinas
- Dans l'ensemble, les exploitants des marinas ont indiqué que les variations du niveau d'eau avaient des effets perceptibles mais modérés sur leurs activités.
- Le quart (27 %) d'entre eux ont indiqué que les effets avaient été majeurs (« importants » - 17 %) ou graves (« dévastateurs » - 10 %) au cours des cinq dernières années.
- Le quart (25 %) des exploitants ont mentionné que les effets avaient été mineurs (« négligeables »), et 14 %, nuls.
- Les exploitants de marinas qui ont mentionné que le niveau d'eau devrait être haussé d'au moins 12 pouces (30 centimètres) à l'emplacement critique le moins profond subissent des effets plus importants ou graves que les exploitants de marinas ayant indiqué que le niveau d'eau devrait être haussé de moins de 12 pouces pour mener leurs activités de façon satisfaisante.
- La baisse d'affluence des plaisanciers (due à la limitation du tirant d'eau) a des effets sur les recettes des marinas.
- Les algues et la faible profondeur d'eau autour des quais causent des problèmes modérés, majeurs ou graves à presque la moitié des exploitants de marinas.
- La faible profondeur d'eau, la présence d'obstacles sur le lit fluvial ou lacustre et les barres de sable causent des problèmes modérés à graves à près du quart des marinas. En 2001, ces problèmes étaient sensiblement les mêmes que dans les pires cas enregistrés au cours des cinq dernières années.
- Au total, 45 % des exploitants de marinas ont pris des mesures à ce jour pour régler les problèmes causés par les algues et la faible profondeur d'eau autour des quais. Le dragage et l'enlèvement des algues sont les mesures les plus courantes.
- Les perspectives d'expansion des marinas sont liées davantage à des considérations financières qu'aux niveaux d'eau.
- Au total, 29 % des exploitants de marinas ont indiqué avoir l'intention d'augmenter le nombre de rampes immergées et de corps-morts au cours des deux prochaines années. Les variations du niveau d'eau ont des effets modérés à graves sur 34 % des marinas qui ont des plans d'expansion. L'aspect financier entre davantage en ligne de compte que les niveaux d'eau dans la non-réalisation possible de ces plans, tant pour les marinas en général que pour les installations qui subissent des effets modérés à graves des fluctuations des niveaux d'eau.
Gestion des niveaux d'eau
Selon les exploitants de marinas, les efforts de gestion des niveaux d'eau devraient s'articuler principalement autour des points suivants :
- Maintenir des niveaux d'eau constants pendant toute l'année.
- Améliorer la communication (l'information) en ce qui a trait aux variations des niveaux d'eau.
- Donner aux plaisanciers l'occasion de mieux se faire entendre.
- Améliorer le volet éducation; par exemple, quels sont les problèmes, quel est le rôle de la CMI, quelles mesures peut-on prendre pour gérer les niveaux d'eau?
Possibilités d'améliorer la gestion des niveaux d'eau du lac Ontario et du fleuve Saint-Laurent
La plupart des exploitants de marinas (89 %) ont indiqué que les niveaux d'eau étaient trop bas et la majorité d'entre eux (75 %) aimeraient qu'ils soient haussés. La moitié des marinas (50 %), dont les deux tiers des marinas du fleuve Saint-Laurent, n'éprouve aucun problème avec les niveaux actuels ou aimerait qu'ils soient haussés de moins 12 pouces (30 centimètres). L'autre moitié (50 %), la plupart sur le lac Ontario, aimerait que le niveau soit haussé de plus de 12 pouces. Il est peu probable que la CMI puisse répondre aux attentes de tous les exploitants. Il faudrait renseigner les exploitants sur les interventions possibles et sur les mesures que peut raisonnablement prendre la CMI pour gérer les niveaux d'eau; si la CMI ne peut avoir raison de Mère Nature, alors tout ce qui peut être fait pour maintenir des niveaux d'eau constants ou limiter les baisses de niveaux d'eau durant la saison de navigation aidera les exploitants de marinas.
Malgré le souhait exprimé d'accroître la profondeur d'eau, l'effet réel des bas niveaux d'eau sur les activités de la plupart des marinas semble être assez modeste jusqu'à maintenant (c'est-à-dire depuis les cinq dernières années). Les trois quarts (73 %) des exploitants de marinas ont indiqué que les effets ont été modérés (effets perceptibles), mineurs (négligeables) ou nuls. En 2001, les taux d'occupation des rampes et les recettes tirées de la plupart des services ont été identiques ou supérieurs à ceux des années précédentes et ce, malgré des niveaux d'eau plus bas. L'effet net des plus bas niveaux d'eau a été atténué par près de la moitié (45 %) des exploitants de marinas qui ont pris des mesures correctives (notamment dragage et enlèvement des algues). Toutefois, les effets ont été majeurs (importants) ou graves (dévastateurs) dans le quart (27 %) des marinas. Les petites marinas privées ont été les plus durement touchées.
Les petites marinas privées ont indiqué qu'elles avaient besoin d'un niveau d'eau absolu moins élevé que les grandes marinas publiques pour maintenir leurs activités, et que le plus gros tirant d'eau des embarcations de leurs clients était inférieur à celui des embarcations qui utilisent les grandes marinas publiques. Toutefois, la marge de manœuvre des petites marinas semble être moins grande lorsque les niveaux d'eau baissent.
Il semble exister un lien entre les fluctuations des niveaux d'eau et les impacts sur les marinas du lac Ontario. L'impact perçu est plus important dans les marinas qui privilégient une plus forte hausse du niveau d'eau, et un grand nombre de marinas ont dû prendre des mesures correctives au cours des cinq dernières années pour régler des problèmes opérationnels. Les niveaux d'eau ont occasionné une augmentation des dépenses et des pertes de revenus dans plusieurs marinas.
Source
Ontario Marina Impact Survey. Final Report. McCullough Associates, and Diane Mackie and Associates. January 2002. 62 pp.
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